Promenade-artistique
Parcourir Paris et ses environs, crayons et pinceaux à la main !
Pendant les randoarts, il y a ceux qui préfèrent écrire …
75001 - « De l’Etoile à la pyramide »
Conversation aux Tuileries
Quel plaisir de converser
Dans ce lieu ensoleillé !
Par une si belle matinée,
Ils ont raison de se lever.
Voici les premiers promeneurs
Qui ne voit pas passer les heures.
Le bassin, toujours en eau,
A vu voguer leurs bateaux
Et rappelle ses souvenirs
De les avoir vu grandir.
Quel plaisir de converser
Dans ce lieu ensoleillé,
Et d’avoir été « croqués »
Par ceux qui voulaient dessine.
Marie-Catherine Roher, 2/12/2012
75016-2 « A la rame ou au galop » !
Paris-Turf
Paris-Turf roulé nerveusement dans le dos.
Paris-Turf dans la poche.
Paris-Turf sur les genoux, bic à la main, pour noter, cocher, entourer … 3, 17, 4, 15, 2, barrer le 14.
Paris-Turf plié en 8 pour laisser apparaître la prochaine course et être assez rigide pour cocher facilement les bons chevaux.
Fluo sur Paris-Turf. C’est sûr, ce sera le gagnant !
Paris-Turf et crayon rageur contre un non-partant.
Paris-Turf appuyé sur la rambarde autour du rond de présentation des chevaux.
Paris-Turf. 2 parieurs sont côte à côte, ne se regardent pas, mais scrutent leur journal !
Paris-Turf et les jumelles en bandoulière.
Paris-Turf chiffonné sur le sol des tribunes. Pari perdu ?
Paris-Turf a préparé la course, l’a accompagnée : analyse, stratégie, espoirs, paris, émotions, gains et pertes ...
Mais Paris-Turf finit à la poubelle. Pourquoi pas en « œuvre d’art » ?
Sylvie Crépy, 05/2013
78400 – « Circuit Renoir le long de la Seine »
Sur le chemin de Renoir
Eh oui, Sylvie, c'était comme sur le tableau de photos, un dimanche tranquille et ensoleillé, un petit tour par-ci, quelques coups de crayons ou de pinceaux par-là, Duke qui se baigne et s'ébroue, Cassis qui gambade, Hélios en tenue combat, prêt à faire face à tout péril qui se présenterait, des bateaux qui voguent sur l'eau, des canards qui vont et viennent en tous sens à force de ne pas savoir quoi faire, la maison Fournaise toujours là, vestige d'une époque haute en couleurs...
Pendant ce temps, un ouragan approchait de la côte est des Etats-Unis, une tempête de neige s'abattait sur le Vercors et beaucoup d'autres désordres de toutes sortes se produisaient sans bousculer, ne serait-ce que faire trembler les nénuphars du jardin des impressionnistes ou perturber l'obscurité au fond des caves troglodytes de Carrières-sur-Seine.
Anne-Lise Hacker, 28/10/2012
92 130 - « Issy au bord de l’eau »
Dans l’Ile
Le soleil est enfin réapparu et fait sortir la foule dans la rue.
Quelle joie de voir ces familles se retrouver pour déjeuner !
Dans l’herbe, les enfants fourmillent, courent et s’amusent dans les prés.
La vie a repris, c’est l’été, les vacances.
Balades dans la ville originale, étrange, accueillante, havre de paix en bord de Seine.
Balade dans l’Ile saint-Germain, la vie, les rires, les amoureux dans l’herbe, les amis se retrouvent pour déjeuner.
Dubuffet qui illumine la pelouse, se dresse tel un animal ou une femme, inspire les peintres, intrigue les promeneurs…
Valérie Decouty, 30/06/2013
Ne pas chercher ici de petits moulins
Derrière le rideau qui tombe dru, affalement de coquelicots, les coupelles rouges ploient. La maison-péniche s’embarque sur son canot. Jaune canari sur le gris du fleuve. Passe devant le paquebot, rien de nouveau, juste encore un peu de rouille sur la façade. Quel bras ? Le principal ? Le mort ? Et les ruches d’abeilles invisibles ? Des brassées entières de fleurs à butiner. Les plantes messicoles habitent les moissons. Sur les murets, quelques œillets.
Îlot champêtre dans la ville, entre parois de verre et train au carré, quelques pèlerins d’un dimanche matin croquent, s’arrêtent ici, les croisillons d’une barrière, là, un kiosque, abri d’une ombre espérée. Quelques figues sur le sol ne mûriront pas. Se gorger de couleurs, se lamper de vert. Foisonnement des traits, formes pêle-mêle.
Puis rentrer. S’y mettre, tracer, colorier, se remémorer, s’exercer à inventer, oser une feuille de lierre, une ortie, un géranium sauvage, l’or de quelques épis. Refaire le monde, laisser des traces, une date au bas d’une page.
Anne-Lise Hacker, 24/06/2012
Elle…
La ville est tout près, mais l’orge lumineuse et les rouges coquelicots balancent dans le vent, et les grands ombellifères pointent vers le ciel.
Elle se sent bien.
On est fin juin, mais le vent est fort et la pluie fine et persistante.
Malgré tout, elle attend.
Elle attend paisiblement, tout comme ces pêcheurs qui ont amarré leurs lignes sur le petit chemin de halage. Elle leur a dit bonjour en passant. Ils sont six, six japonais qui ne craignent pas la pollution de ce bras de Seine où s’amarrent à demeure des péniches en tous genres. Elle frémit à l’idée que ces poissons pêchés vont peut-être servir à alimenter les sushis des restaurants parisiens japonais.
Il lui a donné rendez-vous devant le Paquebot. C’est un immeuble de bureaux en forme de bateau artificiellement rouillé, construit par Jean Nouvel, mais que nulle lame de fond ne viendra jamais submerger. La mer est si loin d’ici. Juste des petits clapots et des ronds dans l’eau. Mais c’est là où il travaille, c’est plus commode pour lui, pas pour elle.
Elle entend des halètements qui se rapprochent. Deux minettes, fesses rebondies, passent devant elle, à petites foulées.
C’est dimanche, et le parc de l’île Saint Germain regorge de joggers.
(A suivre !..)
Catherine Simon, 24/06/2012
Matin de printemps
Il est un matin de printemps
Où un groupe grisé par le vent
Partit découvrir la nature
Dans un lieu privé de voiture.
A l’ombre d’un arbre en fleurs
Un groupe de dessinateurs
Tentait de capter les couleurs
D’un joli parterre de fleurs.
Le Parc s’animait des pieds
Les uns sur le sable crissaient
Les autres en baskets couraient
Et les oiseaux toujours chantaient.
Mais qui méditaient sous la pluie ?
Ceux qui d’écrire eurent envie
Des mots engendraient un croquis
D’une aventure pleine de vie.
Je marche, source d’énergie
J’écris, inspiration
Je dessine, imagination
Je médite, mélancolie...
Marie-Catherine Roher, 24/06/2012
Dimanche matin
Dans le gris d'un dimanche matin
Je me promenais à travers les chemins
Jonchés de graminées et de fleurs
Qui formaient une myriade de couleurs
Assise sous une tonnelle ombragée
Mon esprit vagabondait
Dans tous les sens il partait
Et déjà je me projetais
En abeille qui butine
De fleurs en fleurs mutines
Comme je me sens bien entre la Seine et ce jardin
Où les sportifs du dimanche matin
Se retrouvent entre copains
Comme moi ils ne sont pas seuls
Et écoutent le vent dans les feuilles
Nous chanter que c'est l'été
La saison des fleurs et des blés
Coquelicots, lavandes et pois de senteurs
Unissez-vous en chantant les couleurs
De la vie, l'amour et l'amitié
Qu'il est agréable de se retrouver
Entre peinture et écriture
A croquer péniches ou nature
Et exprimer ses talents cachés
Merci Catherine et Sylvie
De nous avoir initiés
A vos idées créatives
Dans un cadre bucolique.
Valérie Decouty, 24/06/2012
92200 – Boulogne
Randoart spéciale
C’est en faisant de l’entrainement de gonflage de voile de parapente au bois de Boulogne qu’Hubert s’est abîmé la cheville droite : tendon gauche cassé, tendon droit arraché en emportant un bout d’os de la malléole et os cassé… Un « bon samaritain » s’est occupé de lui et les pompiers l’ont emmené aux urgences de Boulogne. C'est après tous les examens, en fin de soirée, qu'Hubert m'a téléphoné.
Dimanche plutôt que de randonner tranquillement avec vous pinceaux à la main, j’ai préféré récupérer chez lui un matériel de survie : brosse à dents, chargeur de téléphone… Première visite à Hubert, couvert de Bétadine depuis 8 heures du matin. Sa teinte jaunâtre pourrait faire un joli portrait à la Andy Warhol…
Puis « tourisme » chez « Nicolas » pour acheter une bouteille de vin (si, si…) pour le bon samaritain de samedi : « Qu’est-ce que vous cherchez » ? « Un cadeau ». « Quels sont ses goûts » ? « Je ne les connais pas » ! Vu ma culture viticole, et pour un clin d'œil, j’ai jeté mon dévolu sur une bouteille « terrain en altitude » ! « Je vous fais un paquet cadeau » ? « Oui, merci. Attendez, je vais noter ce que j’ai acheté pour le dire à la personne qui l’a achetée ». Un peu compliqué tout cela !
Rendez-vous avec le "bon samaritain" qui a plié, comme il a pu, la voile d’Hubert et a donc écopé d’un énorme sac ! Il est charmant.
Je troque la bouteille contre le sac et enfile les bretelles. C’est en « tortue »que je retourne à l’appartement d’Hubert pour déplier la voile. Il faut qu’elle sèche ! Sa jolie couleur verte, ses plis, ses cordes multicolores éclairées par les rayons du soleil (enfin !) m’inspireraient bien une peinture. Pas le temps !
Une nouvelle visite à Hubert qui attend toujours d’être opéré. Des « explications » sous morphine pour récupérer dans le bois de Boulogne son scooter avant qu’il ne soit démantelé pendant un séjour trop prolongé.
Je commence une randonnée dans le bois, à la recherche d’un scooter dont j’ignore l’immatriculation (la morphine n’aide pas Hubert à s’en souvenir et il n’a pas la carte grise) mais j’ai les clés ! Certains arbres feraient de jolis croquis… cependant je randonne de scooters en scooters. Le dimanche, ils sont nombreux !
Il faut quelques coups de fils pour recueillir des précisions et je finis par gagner la course aux trésors ! Reste à démarrer l’engin ! « Allo, c’est quel bouton » ? « Le jaune ». Je range les lunettes, le téléphone, je remets les gants et j’appuie sur le bouton jaune. Raté, les rétros se replient ! Après plusieurs tâtonnements, le scooter retrouve finalement son parking habituel et sécurisé.
Petite balade vers l’hôpital. Hubert n’est toujours pas opéré ! La froideur de sa chambre me fait penser aux peintures d’Hopper. Il y a pourtant un « Monet » au mur !
Et, oh miracle, à 18 heures, un infirmier vient le chercher pour le bloc. Je quitte Hubert, Hopper et Monet.
A minuit, un SMS rassurant : Opération finie, on lui apporte un diner, son premier repas de la journée.
Aujourd’hui, dans le train pour une « rando » professionnelle à Lyon, mon ordinateur raconte cette randoart très spéciale d’hier. Dimanche, j’ai développé l’art d’improviser et de l’entraide avec le bon samaritain. Pour la prochaine randoart, je vais tâcher de l’organiser encore plus artistiquement !
A bientôt.
P.S. Les nouvelles d'Hubert sont bonnes même s'il va lui falloir du temps pour récupérer.
Sylvie Crépy, 8/04/2013
93340 - "Puces et pinceaux"
Cet après-midi-là, c’est l’été
De Serpette en Dauphine à Biron
Quelques sauts de puces,
Et bientôt le Simplon.
De bric en brac, lampes Gallé
Cartes anciennes et mobiliers mêlés,
Vient le moment du café à la Chope rue des Rosiers.
Chevaux de bois, décor manouche
Les guitares grattent, le manège s’emballe,
La diseuse de bonne aventure entre en piste et fait son cirque.
Le bonheur assuré entre deux gorgées
Cet après-midi-là. Faites vos jeux, rien ne va plus,
Le graphite court après les lignes et la roue tourne.
Ni ange, ni démon, le cycliste au chapeau vert
Oiseau en selle. Il fait la roue rue des Rosiers,
C’est l’été cet après-midi-là et les puces à Saint-Ouen sont en fleurs.
Quand plus tard vient l’heure de la messe, le vent souffle un air de vertu
Sur le Mont Ventoux. Sous l’aile de la gelinotte, le vice se tapit.
A grands coups de fourchettes, c’est la fête au Simplon.
Anne-Lise Hacker, 20/06/2015
94017 - Champigny « Le temps des guinguettes au bord de la Marne »
Bateaux, pinceaux,
La rivière, la rivière,
Un dimanche au bord de l’eau,
Couleur jaune, l’astre tout là-haut,
Y tremper martres et petit-gris.
Bateaux, pinceaux,
La rivière, la rivière,
Toute verte aux pieds des saules,
Pincées de gris par-ci,
Pointes de terre par-là.
Bateaux, pinceaux,
Dans la rivière, la rivière,
Trois oies tralala,
Quémandent et redemandent
A grands cris de becs,
Tout un charivari pour un peu de pain.
Bateaux, pinceaux,
La rivière, la rivière,
Petite maison grise,
Et mouette de Paynes, vent debout,
D’un trait jusqu’au canal de Polangis.
Bateaux, pinceaux,
Dans la rivière, la rivière,
L’île en bas du pont,
Fanac et ses bicoques, grandes et petites,
Un Buckingham Palace aussi, c’est écrit.
Bateaux, pinceaux,
La rivière au bord de l’eau,
Les bateaux les croquer,
Les pinceaux les couleurs,
Petit noir et blonde quiche
Pour une fête aux guinguettes et aux mirettes.
Bateaux, pinceaux,
La rivière, la rivière,
Martin Pêcheur et son Gégène,
Même pas peur des oies, tralalère,
Le dimanche au bord de l’eau.
Anne-lise, 28/09/2014
75008 - Voyage de luxe de l'Etoile à la pyramide
Aaahh, ce n’est pas tous les jours que l’on peut se faire la malle de son train-train quotidien, de ses routines souvent moins colorées qu’on le souhaiterait, voyager ne serait-ce qu’un moment accompagné(e) de bagages en bois, toile enduite, lozine, laiton, cuir de crocodile Hornack, vêtu de cache-poussière en toile de lin, sergé à chaines de soie et trames de laine, glisser sa malle-cabine sous la banquette d’un wagon-lit, puis, un peu plus tard, remplir une malle Aéro (pour les messieurs, pour les dames il y a l’Aviette) d’un pardessus, de dix chemises de jour, trois de nuit, trois caleçons, douze mouchoirs, dix-huit faux-cols, quelques cravates et paires de gants, et décoller, naviguer en plein ciel, voler à mille lieues au-dessus des mers, ou bien s’échapper par le chemin de fer un sac de nuit en cuir cognac ou charbon au bras, quel poème, se retrouver en pleine croisière noire, traverser l’Algérie, le Mali et le Congo en autochenilles Citroën, déployer le soir, à chaque étape, une malle-lit, un bureau mobile, une coiffeuse en maroquin, vermeil, ivoire, écaille, alcantara, mais aussi un nécessaire de toilette en cuir de croco et de lézard, emmener avec soi quelques œuvres dans une malle-tableau, qui les met à l’abri de tout dommage, et voguer, voguer, jusqu’à voir se dessiner dans le paysage la chemise de nuit en satin de soie portée par Lauren Bacall à l’occasion d’un tournage, dans laquelle nous n’oserions sans doute pas dormir de peur de la froisser, et une robe d’après-midi de Liz Taylor, que nous serions prête à porter le matin aussi, passer un instant de rêve devant la malle de Nadar ou même celle commandée par le grand duc Kirill Vladimirovitch Romanov (l’époux de la reine Victoria), en cuir de vache naturel, et un peu plus tard encore, plonger dans les ors d’un palais, pas si petit que ça, s’absorber dans les teintes pourpres, bleues, vertes, oranges et jaunes des vases d’Emile Gallé, ses marqueteries de verre, à inclusions, cabochons, anses rapportées à chaud, ses cristaux soufflés à deux ou plusieurs couches, ses décors gravés ou martelés, autant de tableaux où les couleurs se diluent, se fondent, fusent, se poser ici où là le temps d’un croquis, d’un regard sur Les Halles de Léon Lhermitte, une grande toile peinte en 1895, pêle-mêle de citrouilles, caisses de fruits, paniers de légumes et vendeuses de volailles en cage, puis, après une halte bienfaisante le long d’un mur ensoleillé aux Tuileries, occupée à se restaurer légèrement, à esquisser un lampadaire ou ébaucher une silhouette assoupie sur une chaise, après tout cela finir dans le décor somptueux de la cour carrée du Louvre, non sans une pensée pour Jacques Jaujard, qui, dès 1939, alors sous-directeur des Musées nationaux, et prévoyant la tournure des événements à venir, avait conçu un plan d’évacuation des œuvres du musée, transportées dans des conditions épiques d’abord jusqu’à Chambord, puis d’autres châteaux plus au sud.
Quel transport, quel emballement qu’un dimanche comme celui-là !
Avec un coup de chapeau à Louis Vuitton (qui, en 1835, à l’âge de 14 ans, quitte le petit bourg du Jura où il est né, part tenter sa chance à Paris, parcourt à pied 400 km pour gagner la capitale…. un sacré périple pour un garçon manifestement prêt à faire son chemin, avant d’entrer en 1837 comme apprenti chez un layetier-emballeur-malletier) et un grand bravo à Sylvie (qui, depuis des années, nous prépare avec toujours le même talent des promenades riches de découvertes et moments de contemplation à l’occasion desquels chacun peut s’exercer à tracer, croquer, esquisser, peindre).
Anne-Lise, 07/02/2016



















Marie-Catherine

